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Nolwenn Aimé © DR

Travailler en CDD : le choix assumé d'une CESF

Conseillère en économie sociale familiale (CESF), Nolwenn Aimé enchaîne les CDD, ce qui lui permet de s'investir beaucoup mais aussi de souffler. Témoignage.

 

Conseillère en économie sociale familiale (CESF), Nolwenn Aimé enchaîne les missions en CDD. Un mode d'exercice qu'elle revendique, qui lui permet de renouveler ses conditions de travail et, surtout, de s'investir à fond dans chaque expérience puis de souffler avant de repartir vers une autre. Témoignage.

 

Mon parcours

Voilà huit ans que je suis diplômée et j'ai déjà travaillé pour quatre employeurs : l'Association des paralysés de France, Soliha, Emmaüs Solidarité et Esperem. J'ai exercé comme conseillère en économie sociale familiale (CESF) aussi bien auprès de personnes en situation de handicap qu'auprès de gens en grande difficulté financière.

 

Changer souvent de structure, c'est mon choix. J'aime découvrir de nouveaux univers professionnels, évoluer au sein d'équipes de travail différentes. Paradoxalement, travailler en CDD plutôt qu'en CDI me rassure.

 

Le métier au quotidien

Quand vous êtes CESF, vous accompagnez des personnes isolées ou des familles dans tous les aspects de leur vie quotidienne. La porte d'entrée, c'est presque toujours la question du budget. Mais quand on aide des gens en difficulté financière, on touche très rapidement à d'autres domaines : le logement, la santé, l'alimentation, les loisirs.

 

Les bases du métier sont les mêmes partout. Mais les conditions d'exercice, elles, peuvent énormément varier. Chez Esperem, par exemple, je faisais de l'accompagnement global auprès de huit familles, dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale. Tandis qu'à Soliha, j'avais en charge 55 personnes, mais je réalisais uniquement un accompagnement social lié au logement.

 

Ce que j'aime dans mon travail

Dans ce métier, on ne s'ennuie jamais. Sur les difficultés financières peuvent se greffer plein d'autres problèmes : une addiction, de l'illettrisme, des violences. On est en questionnement permanent, il faut savoir analyser les situations dans toute leur complexité.

 

J'aime aussi la variété des tâches. En tant que CESF, on fait des visites à domicile, on contacte les administrations, on cherche les bons interlocuteurs, on oriente, on monte des projets… Il faut à la fois de la rigueur, de l'esprit d'initiative et beaucoup d'autonomie.

 

L'un de mes grands principes, c'est de ne jamais faire "à la place de". Je prends le temps d'expliquer, de montrer, de valoriser, d'encourager. L'objectif, c'est que les gens dépassent leur peur et apprennent à faire par eux-mêmes.

 

Du relationnel avant tout

Les gens qu'on accompagne sont dans une situation financière fragile. Au départ, ils nous voient rarement d'un bon œil. Pour qu'ils s'ouvrent, qu'ils acceptent de parler de leurs difficultés, il faut nouer la relation, mettre en confiance. 

 

Il arrive que la relation ne prenne pas. Notamment avec des personnes qui ont en eux une colère très puissante envers l'Etat, les institutions, la société. Alors, au moindre faux pas, on se fait laminer.

 

Des évolutions limitées

Je me vois bien faire ce métier toute ma vie. Mais plutôt en CDD. Au quotidien, je donne beaucoup de ma personne. A la fin d'une mission, je suis à plat et j'ai besoin de me recentrer.

 

Pour les travailleurs sociaux, il n'est pas très facile d'évoluer. La voie la plus classique, c'est de devenir chef de service puis directeur. Le problème, c'est que le meilleur éducateur spécialisé ou la meilleure CESF ne font pas forcément de bons managers.

 

Gérer des équipes, ça demande des qualités particulières. Des bons chefs, j'en ai rencontrés mais pas beaucoup. Et pour l'instant, je n'ai aucune envie de prendre un jour des responsabilités d'encadrement.

 

 

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