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ESSMS : de plus en plus de femmes aux commandes

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes de direction dans le secteur sanitaire, social et médico-social.

 

Des cadres plus féminins

 

"Un encadrement qui se féminise". C'est l'un des constats de la dernière enquête emploi d’Unifaf : 65 % des 110 700 cadres du secteur sanitaire, social et médico-social à but non lucratif sont aujourd'hui des femmes, de même que 42 % des directeurs généraux et des DG adjoints – soit une augmentation de 14 points en 10 ans.

 

"En 2018, c’est la première fois que la majorité de nos adhérents sont des femmes", observe Rémy Girard, de l’Association régionale des directeurs de l’économie sociale et solidaire Occitanie (Ardess). Soit, 50,5 % des effectifs contre 38 % en 2011. 

 

Des évolutions majeures

 

"Il y a 20 ans, c’était assez difficile d’accéder à un poste de direction en étant jeune, encore moins en tant qu’assistante sociale de formation, la voie tracée était plutôt celle d’éducateur spécialisé", se rappelle Florence Maïa, directrice d’un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés dans les Alpes-Maritimes. "Les femmes à des postes de direction étaient peu nombreuses".

 

"Lorsque j’ai débuté", se souvient Laurence Ambre, qui a pris la tête d’établissements et services en 1998, "j’étais la seule femme d’un comité de direction d’une fédération. La première fois que j’ai participé à une réunion, un des membres de l’équipe a demandé pourquoi une secrétaire y assistait ! Le directeur général l’a recadré".

 

Concilier vie professionnelle et familiale

 

Que change la direction d'une femme ? "Vraisemblablement rien, sauf peut-être pour ce qui concerne les attributs du pouvoir", analyse François Noble, directeur de l’Association nationale des cadres du social (Andesi). "L’exercice du pouvoir relève d’un certain nombre de conditions – avoir une capacité à occuper une fonction d’autorité, piloter des projets, manager, décider, trancher quand c’est nécessaire, etc. – dans lesquelles le genre ne joue pas".

 

"Je n’ai jamais eu l’impression de manager différemment ou d’avoir un problème de légitimité par rapport à mes équipes ou vis-à-vis des familles parce que j'étais une femme", renchérit Florence Maïa.

 

"En revanche, ce qui était compliqué, c’était de concilier vie professionnelle et personnelle avec deux enfants en bas âge et un père souvent absent. Au niveau de l’organisation familiale, mes collègues masculins me semblaient plus dégagés. Aujourd’hui, mes collaboratrices sont encore dans la gestion de la logistique familiale mais elle est un peu plus partagée"

 

Un "plafond de verre" persistant

 

Cette évolution s'explique certes par une tendance vers plus d’égalité hommes-femmes. Mais aussi, dans le secteur, par une féminisation globale : 76 % des 785 600 salariés sont désormais des femmes.

 

"Il y a 30 ou 40 ans, la majorité des travailleurs sociaux étaient des hommes", rappelle François Noble. "Aujourd’hui, des promotions d’éducateurs spécialisés sont à 100 % féminines. La base se féminise et, en conséquence, les directions aussi"

 

Pourtant, à la tête des directions générales, les femmes restent minoritaires. "Il y a toujours un plafond verre", observe Joëlle Choux, directrice d’une structure regroupant un Esat ainsi que des établissements à but éducatif accueillant des personnes avec handicap physique ou mental. "Mais il s’est déplacé en montant d’un cran".

 

 

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