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Assistant de service social : un métier qui attire moins ?

Le nombre d’étudiants inscrits en formation au diplôme d’assistant de service social diminue, peut-être en raison des conditions de travail et de l'image du métier.

 

Un constat récurrent

 

En 2016, 7 800 étudiants étaient inscrits en formation au diplôme d'Etat d’assistant de service social (DEASS), un effectif qui a baissé de 7 % en 10 ans, selon une enquête de la Drees (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), parue en décembre 2017.

 

Durant la même période, le nombre de diplômés a reculé de 19 %, "passant de 2 500 – son maximum – à 2 000".

 

Une image dégradée

 

Mais la diminution la plus significative concerne le nombre de candidats à l’entrée en formation, qui a décru de 47 % en dix ans : alors que 16 500 personnes s’étaient présentées aux épreuves d’admission en première année en 2006, elles n’étaient plus que 11 000 en 2011 et 8 700 en 2016.

 

Selon la Drees, cette évolution "pose la question de l’attractivité de la profession". Et ce, même pour "l’un des métiers emblématiques du travail social, aux effectifs les plus élevés de ce secteur".

 

Comment expliquer cette désaffection ? "L’idée que l’on se fait de la profession a évolué, en particulier par rapport à l’idéal d’engagement et d’altruisme qu’elle véhiculait jusqu’alors", avance-t-on à l’Association nationale des assistants de service social (Anas). "Aujourd’hui, cet idéal est contrarié car nous sommes de plus en plus enfermés dans des logiques de dispositifs". Par ailleurs, "lorsque la profession est médiatisée, c’est pour être jugée, dévalorisée, stigmatisée".

 

Une formation exigeante

 

"En outre, la formation est exigeante, éprouvante, dense et demande un engagement qui ne laisse pas la possibilité d’exercer un emploi à temps partiel", souligne l’association professionnelle.

 

Pour l’Anas, les conditions matérielles durant les études d’ASS constituent un vrai problème : "Le niveau des bourses d’études n’est pas adapté et ne permet pas de répondre à la précarisation des étudiants".

 

Mieux repérer les formations

 

La réforme de cinq diplômes du travail social, dont le DEASS, entrée en vigueur à la rentrée 2018, permettra-t-elle d’inverser cette tendance ? "L’intégration dans Parcoursup [effective depuis janvier 2019] permettra peut-être d’améliorer le repérage de ces formations, tandis que le passage en niveau II du DEASS devrait répondre à la question des perspectives de carrière", espérait alors l’Anas.

 

Quant à l'amélioration de l’image de la profession, elle devra passer par une meilleure reconnaissance de sa spécificité par les pouvoirs publics : "On nous demande notre avis, on nous fait participer à des instances mais nous avons souvent le sentiment d’un décalage entre ce que vivent les professionnels et la prise en compte de cette réalité par les institutions".

 

 

Voir les offres d'emploi Assistant de service social.

 

Voir aussi

La fiche métier Assistant de service social.

 

Les articles :

 

En savoir plus

"7 800 étudiants en formation d’assistant de service social en 2016", Etudes et résultats n° 1044, Drees, décembre 2017.

Recherche de formations sur Parcoursup.

Liste des établissements de formation adhérents de l'Unaforis (Union nationale des acteurs de la formation et de recherche en intervention sociale).

"Formations sociales : les étudiants doivent désormais candidater sur Parcoursup", sur tsa-quotidien.fr.

 

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Journaliste spécialisée