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L'autonomie des équipes est la clé du modèle Buurtzog dans l'aide à domicile. © Adobe Stock

Aide à domicile : le modèle Buurtzorg inspire les employeurs

Comment donner envie de travailler dans les métiers de l'aide à domicile ? En améliorant les conditions de travail, plaident les promoteurs du modèle Buurtzorg.

 

Le modèle Buurtzorg, c'est quoi ?

 

La promotion d'un environnement de travail de qualité passe par l'expérimentation d'organisations innovantes, affirme le rapport El Khomri sur les métiers du grand âge. C'est le cas de la méthode Buurtzorg, qui a le vent en poupe dans le secteur social et médico-social.

 

Développé aux Pays-Bas depuis 2007 par l'entrepreneur Jos de Blok, le modèle Buurtzorg – littéralement "soin de proximité" – repose sur la mise en place d'équipes autonomes d'infirmiers ou d'auxiliaires de vie intervenant sur une zone géographique délimitée, proche de leur domicile.

 

Proximité et autonomie

 

Planification des interventions, organisation des congés, recrutement... Chaque pool travaille en totale autonomie. Les fonctions support, gérées par le siège, sont réduites au minimum.

 

En France, plusieurs structures ont déjà opté pour le Buurtzorg, par transformation (Vivat à Marcq-en-Barœul, le réseau APA à Colmar...) ou dès leur création (comme Alenvi à Paris).

 

"Toutes les décisions sont alignées sur cette préoccupation centrale : être le meilleur intervenant possible pour son patient", explique Guillaume Alsac, président de l'association Soignons humain. "A partir de là, on déploie des qualités techniques et relationnelles, centrées sur les besoins de l'usager".

 

Réduire l'absentéisme

 

Depuis un an, la directrice du service d'aide à domicile Asapad (Fondation Partage et Vie), implanté à Douai (Nord), Sylvia Lagana, a entraîné ses 250 salariés dans ce changement d'organisation, qui était devenu une nécessité.

 

Absentéisme, usure, perte de sens, difficultés de recrutement... "Les auxiliaires avaient l'impression d'être des pions qu'on déplaçait sur un planning, les administratifs passaient leur temps à boucher des trous, et les bénéficiaires se plaignaient du turn-over", résume-t-elle.

 

Un exercice exigeant

 

En janvier 2019, sur la base du volontariat, trois équipes-pilotes de cinq à neuf salariés chacune se sont lancées dans l'expérimentation. Découvrant les bénéfices, mais aussi les contraintes de l'autonomie.

 

"C'est un exercice très exigeant", reconnaît la directrice de l'Asapad, où Myriam El Khomri a effectué une visite"Travailler en équipe, cela permet de se soutenir dans les moments difficiles, mais il faut aussi apprendre à surmonter les désaccords. Et puis, ce modèle fait reposer de nouvelles responsabilités sur les intervenants".

 

A côté des formations destinées aux auxiliaires, les managers ont été accompagnés par un coach. "Lâcher prise, avoir la patience de laisser faire les équipes, accepter le droit à l'erreur... Le management aussi doit se transformer".

 

De la fierté au travail

 

Depuis le démarrage, neuf équipes supplémentaires se sont lancées. Et l'ensemble des salariés devraient avoir basculé d'ici à l'été 2020.

 

Moins de déplacements, moins de fatigue, moins de perte d'information, une meilleure connaissance des bénéficiaires, plus de souplesse et de réactivité... Au final, l'absentéisme a décru et les professionnels ont retrouvé de la fierté au travail.

 

 

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En savoir plus

Le modèle Buurtzorg mis en œuvre par l'Asapad,  sur le site de la Fondation Partage & Vie.
La présentation de Buurtzorg sur le site de Soignons humain.
La méthode Buurtzorg fait l'objet d'un programme européen de transposition en France, Belgique et Angleterre.

 

 

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