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Des formations en travail social font intervenir des personnes accompagnées (illustration). © Adobe Stock

Formations sociales : quand les usagers deviennent formateurs

Depuis plusieurs années, des centres de formations en travail social font intervenir dans leur cursus des personnes accompagnées. Exemple à l'IFTS d'Echirolles.

 

Sensibiliser les étudiants

 

Depuis cinq ans, à l'Institut de formation en travail social (IFTS) d’Échirolles (Isère), des personnes accompagnées interviennent devant les étudiants, dans le cadre d'un module sur la précarité. D'abord réservée aux formations d'assistant de service social et de cadre du secteur social et médico-social, cette opération a ensuite été généralisée à toutes les formations initiales.

 

"Cela doit permettre aux étudiants de mieux comprendre les problèmes et les solutions d'accompagnement de ce public-là, dans le but d'améliorer leur posture professionnelle", explique Samuel Garnier, responsable pédagogique à l'IFTS. "Les sensibiliser à la réalité de ces personnes doit les aider à être dans l'écoute et la bienveillance", à éviter les projections pour "ne pas penser à leur place".

 

Non-recours aux droits

 

Le module sur la précarité a été coconstruit avec le collectif "Soif de connaissance", qui réunit des personnes accompagnées en situation de précarité, des formateurs, des responsables de structures et des chercheurs de l'Odenore, l'Observatoire du non-recours aux droits.

 

"Ce module réunit et relie trois questions importantes : la précarité, qui était peu traitée en formation, le non-recours aux droits, qui questionne beaucoup les professionnels, et la participation des usagers, souvent difficile à mettre en œuvre".

 

Divers supports de formation

 

Ces thèmes sont développés sur trois journées, animées par un binôme ou un trinôme. Ils utilisent divers outils d'animation et de formation : photo-langage, théâtre-forum, étude de cas, débats mouvants...

 

"Les personnes accompagnées témoignent de ce qu'elles vivent, échangent avec les étudiants, et on élabore ensemble une définition de la précarité", souligne Samuel Garnier. 

 

Participation et spontanéité

 

Le dernier jour est consacré à la participation. "Les personnes accompagnées peuvent dire : on n'a pas besoin de vous, on n'attend pas tout des professionnels", poursuit le responsable pédagogique de l'IFTS. "Cela amène du débat, on essaie de comprendre pourquoi la participation ne prend pas toujours, pourquoi personne ne vient au conseil de vie sociale en CHRS. On définit les enjeux de la participation et le droit à ne pas participer".

 

Les personnes accompagnées sont rémunérées pour la préparation et pour l'animation des formations. "Cela représente beaucoup de jours si on veut garder des petits groupes", remarque aussi Samuel Garnier. "Or les personnes accompagnées doivent garder une spontanéité, ne pas avoir le même discours que les formateurs".

 

Echanges de points de vue

 

Dans quelle mesure ces interventions peuvent-elles faire évoluer la pratique des travailleurs sociaux ? "Les personnes accompagnées amènent des bonnes et des mauvaises situations, des choses à garder et d'autres à changer. Ce qui revient souvent, ce sont des phrases qui blessent, la première rencontre qui dissuade de revenir, le fait de se sentir considéré comme un numéro"...

 

Ces échanges permettent de confronter des points de vue et d'avancer ensemble. "Les personnes accompagnées se rendent compte aussi des contraintes des travailleurs sociaux, de la charge de travail", conclut le formateur. "Faire connaissance permet de renforcer la relation de confiance, alors qu'il y a beaucoup de méfiance au départ".

 

 

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