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Image de l'article Une éducatrice à l'écoute des femmes victimes de violences

Depuis le confinement, les travailleurs sociaux assurent une écoute téléphonique (image d'illustration). © Adobe Stock

Une éducatrice à l'écoute des femmes victimes de violences

Educatrice spécialisée de formation, Nadège est devenue écoutante pour femmes victimes de violences à l'occasion du confinement lié à la pandémie de covid-19.

 

Un engagement auprès des femmes

 

La problématique des violences intrafamiliales est présente de longue date dans la carrière de Nadège (que nous ne nommerons pas, par souci de confidentialité).

 

Cette éducatrice spécialisée a en effet commencé à travailler dans le champ de la protection de l'enfance, avant de s'engager dans celui de l'accompagnement de femmes victimes de violences au sein du couple. Voilà une quinzaine d'années qu'elle exerce auprès de ce public.

 

Quand le téléphone prend le relais

 

Au sein du service "Accueil, accompagnement, informations, lieu d'écoute de l'association Viffil-SOS Femmes dans le Rhône, elle anime des permanences d'accueil dans divers lieux publics (des mairies, souvent).

 

Durant le confinement lié à la crise sanitaire, une ligne d'écoute téléphonique a pris le relais des accueils physiques. Les travailleurs sociaux de l'association se sont alors mués en écoutants, découvrant cette activité particulière, différente des permanences.

 

Nouer un lien

 

"Les femmes qui appellent ont souvent peu de temps devant elles, relève ainsi Nadège, elles profitent par exemple d'un bref déplacement hors du domicile pour nous joindre, ou le font si leur conjoint est sorti".

 

Le rôle de l'écoutante est alors d'évaluer rapidement la situation des femmes qui prennent contact, et d'établir un lien avec elles. Il faut aussi maintenir ce lien au fil des échanges, poursuivre l'accompagnement des personnes déjà connues de l'association, orienter vers une solution d'hébergement en cas d'urgence.

 

Du tact, de la diplomatie…

 

Autant de missions qui exigent des qualités d'écoute, mais aussi du tact et de la diplomatie. "Si l'on va là où l'interlocutrice ne veut pas aller, elle ne reviendra pas vers nous", explique Nadège.

 

"Il faut laisser un espace à la parole pour des femmes qui ont parfois besoin de déposer beaucoup de choses de leur vie. Mais il faut, en même temps, être en mesure d'évaluer le besoin, et notamment de repérer s'il y a un danger immédiat pour la personne."

 

… de la pédagogie

 

Une autre compétence incontournable ? Faire preuve de pédagogie, pour renseigner ces femmes sur les différentes étapes d'un parcours de sortie des violences conjugales qui peut se révéler difficile et complexe.

 

"Que se passe-t-il après un dépôt de plainte ? Comment anticiper son départ du foyer ? Notre objectif est d'informer au mieux sur ces questions, pour laisser le choix, afin qu'elles prennent leur décision en conscience."

 

Un service toujours actif

 

Depuis le déconfinement, les permanences physiques ont repris mais le dispositif d'écoute reste opérationnel, en parallèle. "L'écoute téléphonique est complémentaire de l'accueil physique", estime Nadège. "Pour certaines femmes, parler au téléphone est plus sécurisant, car moins engageant qu'une rencontre physique."

 

"Certaines se représentent les travailleurs sociaux comme des professionnels qui vont les obliger à engager des actions en justice alors qu'elles ne le souhaitent pas : la ligne téléphonique leur permet de tester notre écoute, avant de venir éventuellement nous rencontrer."

 

 

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