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Des conseils pour s'imposer comme chef auprès de ses collègues (image d'illustration). © Adobe Stock

Evolution de carrière : devenir le chef de ses anciens collègues

Comment trouver sa place quand la promotion interne fait de vous le chef… de vos anciens collègues ? Les conseils de deux directeurs qui sont passés par là.

 

Soigner la transition

 

Pour l'ex-collègue qui devient manager, la bascule peut être délicate. Ses anciens pairs vont-ils le prendre au sérieux ? Saura-t-il trouver sa place sans jouer au petit chef ? Attendu au tournant, le nouveau promu doit montrer ce qu'il a dans le ventre. Quitte à réformer les habitudes.

 

"Quand j'ai pris la tête du service après le départ à la retraite de ma prédécesseur, l'équipe était très investie, mais réclamait de nouveaux outils, des méthodes de travail plus modernes. Nous les avons construits ensemble, et c'était aussi une façon de m'installer dans ma fonction", témoigne ainsi Sarah Binabout, assistante de service social, entrée dans son organisation comme stagiaire et promue 15 ans plus tard chef de service, au retour de son sixième congé maternité.

 

Se former

 

Etre un excellent technicien aux compétences reconnues ne suffit pas. Comme tout métier, celui de manager s'apprend. En parallèle de son cursus Caferuis, Sarah Binabout a ainsi bénéficié d'une formation sur le management, de séances de coaching, d'une supervision et de séminaires de cadres, proposés par son employeur. 

 

"On ne m'a pas jetée dans la nature et cela a été décisif pour moi", reconnaît celle qui, depuis, est devenue directrice adjointe de pôle. "J'ai appris la mentalité, la façon de parler des directeurs et, en décortiquant les situations de conflit, à mieux communiquer avec les équipes".

 

Rester soi-même...

 

Au début, Sarah Binabout s'est efforcée de se transformer. "Je suis, par nature, assez proche des gens", décrit-elle. "Comme on me répétait qu'il fallait mettre de la distance, j'ai essayé. Ce n'était pas du tout la bonne méthode !" Au fil du temps, elle a fini par trouver son propre style de management, direct mais sans excès d'autoritarisme.

 

A l'époque où il travaillait comme éducateur spécialisé, Sébastien Gaudin avait pour sa part pris l'habitude de faire la bise à ses collègues. Passé chef de service, puis directeur du pôle de protection de l'enfance de l'association L'Étape, à Nantes, il n'a pas varié de comportement. "J'ai changé de poste, mais je reste la même personne", justifie-t-il.

 

… mais affirmer sa place

 

Il tient cependant à manifester une impartialité sans faille. "Je réponds de la même manière aux nouveaux embauchés et à ceux que je connais depuis dix ans, quelles que soient les affinités".

 

Un certain formalisme est indispensable pour garantir la place de chacun : "On peut se dire salut dans le couloir, mais dans une réunion du comité social et économique, c'est inapproprié. J'y représente l'institution ; sans revenir au vouvoiement, c'est un moment qu'il faut préserver de toute familiarité".

 

Se détacher du terrain

 

Pas facile d'abandonner le terrain quand on y a mouillé la chemise pendant des années. De ne plus accompagner les usagers qu'on connaît, de passer la main sur des projets qu'on a initiés. D'autant que les lauréats de la promotion interne sont souvent des professionnels expérimentés, aux compétences reconnues, sur lesquels les équipes ont tendance à s'appuyer.

 

Mais, sauf situation de crise, la place d'un chef de service ou d'un directeur est rarement auprès des publics au quotidien. "A ce sujet, le meilleur conseil m'avait été donné par un collègue", sourit Sébastien Gaudin : "Evite de jouer ton super éduc tout le temps !"

 

 

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