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La filière "domicile" du diplôme d'AES peine à attirer les candidats alors que le secteur recrute. © Adobe Stock

Diplôme d'AES : la spécialité "domicile" toujours à la peine

Si le DE d'accompagnant éducatif et social manque d'attractivité, c'est surtout vrai pour sa filière "domicile" dont les effectifs ont fondu entre 2010 et 2018.

 

Moins de candidats en formation

 

En 2016, le diplôme d'Etat d'accompagnant éducatif et social (DEAES) a remplacé les DE d'aide médico-psychologique (DEAMP) et d'auxiliaire de vie sociale (DEAVS) pour relancer ces métiers en simplifiant la formation.

 

Cette réingénierie n'a apparemment pas suffi à changer la donne puisque le nombre d'inscrits en première année, pour ces trois diplômes confondus, est passé de 14 100 à 9 700 entre 2010 et 2018, selon des chiffres de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

 

Décrochage du domicile

 

Cette érosion concerne, pour l'essentiel, les étudiants se destinant au travail à domicile, dont les effectifs ont été divisés par quatre sur la même période, en passant de 6 000 à 1 500.

 

Pas moins de 16 % des inscrits en première année spécialité "domicile" du DEAES l'ont ainsi interrompue en cours de formation, une proportion deux fois plus élevée que dans les deux autres filières : 8 % pour la spécialité "établissement" et 7 % pour "éducation inclusive".

 

Un manque de lisibilité

 

"La fusion du DEAMP et du DEAVS et le changement d'appellation ont créé un trouble chez les candidats qui se demandent s'il s'agit d'un nouveau métier", indique Marie-Christine Thumser-Henner, responsable du pôle médico-social de proximité, en charge de la formation des AES à l'IRTS de Lorraine. De ce fait, "le cursus d'AES souffre d'un manque de lisibilité".

 

Résultat ? "Nous rencontrons beaucoup de difficultés pour recruter des candidats pour la spécialité 'domicile', y compris auprès des demandeurs d'emploi. Nous avons déjà été contraints d'annuler des sessions de formation", reconnaît-elle.

 

VAE et formation professionnelle

 

Pourquoi une telle désaffection pour le domicile ? Première explication : être titulaire du DEAES n'est pas obligatoire pour exercer à domicile. 

 

Le métier requiert pourtant de nombreuses compétences (connaissance du cadre institutionnel, des publics, des pathologies, savoir travailler en équipe en associant les familles, maîtrise d'outils et de techniques, un savoir-être nécessaire pour établir une relation de confiance…).

 

Mais "les employeurs forment peu au DEAES, beaucoup préfèrent opter pour la validation des acquis de l'expérience pour qualifier leur personnel et passer par des titres professionnels", note Marie-Christine Thumser-Henner.

 

L'attrait de la filière "établissement"

 

Autre raison avancée : les conditions de travail de l'aide à domicile sont souvent considérées comme plus difficiles qu'en établissement (qui offre davantage de temps complet, avec moins de déplacements et d'isolement professionnel…). Conséquence : il n'est pas rare que des personnes exerçant déjà à domicile et préparant le DEAES soient attirées en cours de route par la filière "structure". Et ce, d'autant plus que les passerelles entre spécialités ont été facilitées avec la création du DEAES.

 

"L'un des objectifs de la réforme de la formation était de favoriser la mobilité professionnelle des salariés", explique Marie-Christine Thumser-Henner. "Les candidats qui souhaitent passer du domicile à la structure ont moins de modules de formation à suivre". Mais cette mobilité se fait donc au détriment du domicile alors que le secteur affiche un fort potentiel de recrutement.

 

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