photo_articleRencontre avec, Caroline Gouriten, assistante sociale qui intervient dans une gendarmerie du Finistère. © DR

Travail social : que fait une assistante sociale à la gendarmerie ?

Réponse avec Caroline Gouriten, assistante sociale de formation, qui exerce en tant qu'intervenante sociale dans une gendarmerie qui couvre le Finistère sud.

 


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À première vue antinomiques, travailleurs sociaux et forces de l'ordre savent aussi devenir partenaires sur le terrain. Caroline Gouriten, 41 ans, assistante sociale en gendarmerie, fait partie depuis quatre ans des quelque 400 intervenants sociaux aujourd'hui en exercice dans l'Hexagone (contre 270 en 2019), auprès de policiers ou de gendarmes.

 

Un travail qui a prouvé son efficacité, selon un rapport de l'inspection générale de l'administration qui pointe toutefois des conditions d'emploi hétérogènes, en fonction des contrats et des employeurs.

 

Une opportunité professionnelle

 

"Ce boulot me passionne, je retrouve l'essence même de mon métier d'assistante sociale", s'exclame pour sa part Caroline Gouriten, enthousiaste. "Je suis dans l'action, à l'écoute des personnes, je vais à leur rythme, j'interviens avec leur adhésion : nous sommes peu de professionnels, aujourd'hui, à pouvoir recevoir et entendre les gens sans contraintes."

 

Diplômée depuis 2002, la quadragénaire est la première à occuper ce poste qui balaie le sud Finistère, de l'île de Sein jusqu'à la frontière avec le Morbihan. "Lorsqu'il a été ouvert en 2018, je me suis dit que c'était une opportunité, même s'il y avait un risque que cela ne me corresponde pas", se souvient-elle. "Je ne connaissais pas du tout la gendarmerie, dont la culture s'oppose a priori à celle du travail social."

 

Une mission sociale autonome

 

À l'époque, Caroline Gouriten est une généraliste du social qui exerce son métier, depuis 16 ans, en polyvalence de secteur pour le conseil départemental. "Mais je me sentais de plus en plus en décalage dans ma pratique professionnelle", analyse-t-elle.

 

Aujourd'hui, "en tant qu'intervenante sociale, je suis très autonome et j'ai davantage de marge de manoeuvre : même si c'est moi qui sollicite les personnes, il faut qu'ils acceptent de me rencontrer, qu'ils aient envie de me voir. C'est à partir de ce moment que je travaille sur leurs besoins, les oriente vers les bons services, active différents dispositifs, etc." 

 

Sur près de 300 personnes suivies, chaque année, seule une dizaine ont refusé son aide.

 

Sous l'autorité du département

 

Caroline Gouriten intervient sur les dossiers à la demande des brigades ou des personnes, ou après évaluation des synthèses d'interventions de la nuit, par exemple. "Je vais avoir une lecture sociale des événements qui ont eu lieu (tapage nocturne, violences intra-familiales, tentative de suicide, etc.) pour me mettre à disposition de telle ou telle famille", détaille-t-elle.

 

"En qualité d'assistante sociale, je ne peux pas faire de procédure pénale et j'explique aux personnes que c'est un temps privilégié qui ne nécessite pas forcément de faire un retour aux gendarmes." D'ailleurs, son autorité hiérarchique – son employeur – reste le département.

 

Des dossiers de violences conjugales

 

Elle se doit d'accompagner toute personne en situation de détresse, qu'elle soit victime ou mise en cause. Dans plus de trois quarts des cas, elle intervient dans le cadre de violences conjugales.

 

"Je suis notamment là pour échanger avec les femmes sur les violences qu'elles ont vécues, rappeler ce qui est interdit, les aider à se positionner afin qu'elles déculpabilisent", explique enfin l'intervenante sociale, qui les accompagne pour les mettre à l'abri, trouver un logement, ouvrir des droits…

 


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La fiche métier Assistant de service social.

 

Les articles :

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Les intervenants sociaux essaiment en police et en gendarmerie, sur Le Media Social (abonnés).

 

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Flore MabilleauJournaliste spécialisée

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