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Solange Michot à la Dases à Paris, octobre 2018 © DR

Solange Michot : assistante sociale par vocation tardive

A 60 ans, Solange Michot est une toute jeune assistante sociale. Diplômée du DEASS depuis cinq ans, elle exerce en protection de l'enfance à Paris. Portrait.

 

Une vocation tardive

 

C'est après une première vie professionnelle bien remplie que Solange Michot a choisi de devenir assistante sociale. Récit d'une reconversion réussie.

 

Alors qu'au lycée, la jeune fille de bonne famille rêve de devenir infirmière, sa vocation est contrariée par un veto parental. Elle sera architecte. S'y ennuie. Entre dans la pub et la communication par hasard. Y reste une vingtaine d'années. 

 

Aider les autres

 

Un bilan de compétences la ramène, en 2004, à sa vocation première : aider les autres. Emerge alors l'idée d'être assistante sociale. "J'avais envie de donner du sens à ma vie professionnelle, de m'occuper de gens, d'être utile".

 

Son entrée en formation ne va pas de soi : "Quand j'ai passé le concours d'entrée pour être assistante sociale, ça a été compliqué, je sortais de la communication et j'avais tendance à me vendre comme un produit publicitaire". Une attitude mal perçue, de même que son âge.

 

Pari tenu

 

Solange Michot surmonte les préjugés en préparant soigneusement son oral devant le jury d'admission, "pour que les gens ne [la] prennent pas pour une folle". Pari relevé haut la main : elle est reçue à quatre des cinq concours tentés.

 

Son choix se porte sur l'école d'assistantes sociales de la Salpêtrière, où elle découvre le métier au cours de ses stages en polyvalence de secteur, en protection de l'enfance, en CMP adultes. "Je voulais comprendre les pathologies des parents des enfants pris en charge à l'ASE", se souvient-elle. 

 

Se sentir utile

 

De fait, elle entre à l'aide sociale à l'enfance de Paris (Dases), en mars 2014, au sein d'une équipe de 10 assistants socio-éducatifs intervenant sur six arrondissements. "On a à peu près 32 situations chacun", précise-t-elle. Elle est titularisée l'année suivante, en intégrant la fonction publique.

 

"J'étais très heureuse. Pour la première fois de ma vie professionnelle, je me suis sentie à ma place, avec un métier qui avait du sens". Et une sécurité de l'emploi qui compense une rémunération dont le niveau reste assez bas (1 737 euros net par mois).

 

Un métier dur

 

Quant aux vacances, elles sont les bienvenues pour souffler. Car il ne faudrait pas s'y tromper : "C'est un métier très dur pour les travailleurs sociaux, passionnant mais aussi extrêmement compliqué".

 

Au quotidien, le travail consiste essentiellement à prendre en charge des enfants placés à l'ASE par décision de justice pour maltraitance"ce qui représente les trois quarts de notre file active". Le reste, "ce sont des accueils provisoires : des parents qui sont en difficulté avec leur enfant et qui demandent à l'aide sociale à l'enfance de le prendre en charge".

 

Des enfants en souffrance

 

"Le cœur de notre métier, c'est de travailler les motifs du placement avec les parents, ce qui n'est pas toujours facile parce que beaucoup ont des pathologies psychiatriques". Pour y parvenir, les professionnels ont différentes méthodes : "en thérapie de réseau, en visites médiatisées, avec les équipes de soins des enfants…".

 

L'une des principales difficultés reste de trouver des places d'accueil adaptées chez les partenaires associatifs : "On a des situations très compliquées avec des enfants qui arrivent tard dans le placement, déjà très abîmés, très perturbés, très en souffrance, pour lesquels il est tard pour mettre en place un projet". Un projet qui existe néanmoins toujours, tient à préciser Solange Michot. Reste que, pour résister à la pression, son conseil est de "garder de la distance, même si c'est compliqué vu le temps passé, le stress, l'investissement personnel".

 

 

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