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Mireille Vassant (au centre), monitrice d'atelier, avec deux des salariés de la blanchisserie (Esat/EA). © DR

Rencontre garantie sans tache avec une monitrice d'atelier en Esat

Monitrice d'atelier en milieu de travail protégé, Mireille Vassant a découvert ce métier par hasard. Aujourd'hui, elle accompagne 26 salariés handicapés.

 

Une formation de neuf mois

 

Mireille Vassant a son franc parler. Un héritage de 25 ans passés dans la restauration avec ses fameux "coups de feu", où le stress du service est à son comble. Une maladie lui a fait quitter ce métier. Mais à quelque chose malheur est bon, dit le dicton.

 

Durant sa convalescence, elle rencontre des adultes handicapés dans un foyer. Et "ça m'a plu" de travailler avec eux, raconte-t-elle simplement, aujourd'hui. En 2008, elle se lance dans une formation de neuf mois pour devenir monitrice d'atelier en milieu protégé.

 

Depuis 2011, elle est responsable d'une équipe d'une quinzaine de salariés en situation de handicap mental et neuf autres en situation de handicap physique, dans une blanchisserie au statut d'établissement d'aide par le travail (Esat) et d'entreprise adaptée (EA) à Allaines, près de Péronne (Somme).

 

Développer leurs compétences

 

Moniteur d'atelier, "c'est un métier où il faut être dynamique, parce qu'on vous sollicite tout le temps", assure Monique Vassant. "Je suis quasiment toujours sur le terrain. Si vous voulez motiver l'équipe, vous ne pouvez pas le faire depuis un siège derrière un bureau !"

 

De même, "il faut aussi être attentif, à l'écoute et réactif. Les salariés de l'Esat ont besoin d'être en confiance", poursuit-elle. "Mon métier a pour vocation de développer leurs compétences, de les rendre plus autonomes dans leur vie professionnelle. Nous sommes là pour les aider à s'intégrer socialement".

 

Accompagner le travail adapté

 

"Je commence officiellement à 8 h 45. Mais j'arrive souvent entre 7 h et 7 h 30 pour être au calme dans mon bureau afin de réaliser toutes mes tâches administratives. Parce qu'à 8 h 45, les gars arrivent et c'est le défilé dans mon bureau !", dit-elle joyeusement.

 

A partir de 9 h, la monitrice est dans la blanchisserie semi-industrielle, qui peut traiter jusqu'à plus d'une tonne de linge par jour.

 

Dans un cadre semi-industriel

 

Entre les machines à laver, les séchoirs, les centrales-vapeur, un système de tri informatisé avec des codes-barres et un dispositif lumineux indique aux salariés dans quel chariot déposer le linge.

 

"Il est nécessaire d'être bien organisé pour cette activité", souligne Mireille Vassant. "Les travailleurs handicapés sont 'carrés', notamment en ce qui concerne la sécurité. Ils respectent parfaitement les règles d'hygiène. Et c'est indispensable parce que nous traitons notamment du linge de personnes fragiles, des résidents d'Ehpad".

 

"Chaque salarié fait sa part de travail, en fonction de ses capacités. Parfois, on s'adapte et on les oriente sur d'autres tâches", si besoin. Preuve de la qualité du travail accompli : la blanchisserie est labellisée ISO 9001 (management de qualité) et conforme à la démarche RABC (niveau d'hygiène optimal dans le domaine du textile).

 

Un métier humain

 

Le salaire de Mireille Vassant est de 1 450 € net par mois, après neuf ans d'ancienneté. "Ma reconversion, ce n'est que du bonheur. D'abord, bien sûr, parce que les horaires réguliers ont changé ma vie. Désormais, le vendredi à 16 h 30, je suis en week-end, ça me change de la restauration !"

 

Mais "ce qui me plaît aussi, c'est d'avoir un métier humain", souligne-t-elle. "A l'école, on vous enseigne à garder vos distances avec les salariés accompagnés. Mais sur le terrain, vous vous attachez forcément, comme avec n'importe quels collègues".

 

 

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