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Reconversion dans l'ESS : quelle satisfaction pour les cadres ?

Les cadres de l'économie "classique" qui se tournent vers l'économie sociale y trouvent satisfaction mais connaissent aussi des déconvenues, selon l'Apec.

 

Espoir et déconvenues

 

Redonner un sens à son activité professionnelle ? Elargir ses perspectives d'évolution ? Alléger ses journées de travail ? De nombreuses raisons peuvent conduire un cadre du secteur privé lucratif à vouloir se réorienter vers l'économie sociale et solidaire (ESS).

 

Portés par l'espoir d'un nouveau départ professionnel, ils doivent cependant se préparer à connaître des déconvenues, avertit une étude de l'Apec, dans le cadre d'un partenariat de recherche avec le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

 

Venus de divers horizons

 

Cette publication, qui porte sur les cadres qui se sont réorientés vers l'ESS après avoir travaillé dans le secteur de "l'économie classique", constitue le troisième volet de cette recherche – après deux précédentes parutions : sur les attitudes et représentations des cadres en transition professionnelle vers l'ESS (2015) et sur l'analyse de la situation des jeunes diplômés qui souhaitent intégrer l'ESS (2016).

 

La dernière enquête, sortie en 2017, porte sur un échantillon très réduit de 12 personnes (9 femmes et 3 hommes), âgés de 31 à 59 ans, pour la plupart diplômés à bac + 5, dans des filières de formation variées (économie/gestion/marketing, informatique, droit, banque, gestion des ressources humaines, commerce, psychologie, communication). Ils se retrouvent le plus souvent à des postes de direction, à la gestion des RH ou encore à des fonctions supports.

 

Une dimension humaniste

 

Les trois raisons principales avancées pour expliquer leur désir de rejoindre l'ESS sont :

  • des souffrances au travail et un environnement professionnel devenu intenable ;
  • des évolutions privilégiant les bénéfices économiques de l'entreprise dans lesquelles les salariés ne se reconnaissent plus ;
  • l'émergence de nouvelles attentes professionnelles.

 

Au final, ils expriment "le sentiment de faire un travail qui a une dimension humaniste, ne visant pas le profit économique et servant l'intérêt général", même s'ils ont rarement retrouvé dans l'ESS des activités et des conditions de travail équivalentes à celles de leur première vie professionnelle. Pourtant, ces cadres sont majoritairement devenus directeurs ou directrices d'association mais, comme le souligne l'Apec, "cette activité recouvre des réalités différentes selon la taille de la structure".

 

Des cadres polyvalents

 

Ces salariés apprécient, par ailleurs, la liberté dont ils bénéficient dans leur travail et font preuve de polyvalence dans des postes qui mobilisent de nombreuses compétences. C'est notamment le cas de ceux qui se recyclent dans des organisations "engagées dans un processus de développement et qui mettent en œuvre des stratégies de développement".

 

Du côté des déceptions, "salaire bas, poste mal défini, précarité, mauvaises conditions de travail, rares perspectives d'évolution, travail monotone et répétitif" sont avancés. En outre, alors qu'ils venaient y chercher du sens, plusieurs des cadres interrogés ont évoqué "la lourdeur de la dimension idéologique au sein du travail dans l’ESS", mais aussi la place de la gestion ou de l’administration, ainsi que des règles de fonctionnement très différentes de celles auxquelles ils étaient accoutumés.

 

Toutefois, aucun n'a émis le souhait de retourner dans le secteur privé traditionnel, se préparant plutôt seulement à "cheminer au sein même [de l'ESS] pour parvenir à un poste qui les intéresse".

 

 

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Les articles :

 

En savoir plus

"Travailler dans l'ESS en venant d'autres secteurs d'activité : entre déconvenues et espoir", Les Etudes de l'emploi cadre n° 2017-035, Apec, octobre 2017.

 

 

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