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Comment travaille une psychomotricienne en Itep ? Le témoignage de Céline Marque. © DR

Psychomotricienne en Itep : un métier qui apaise et crée du lien

Parmi les métiers de l'accompagnement, celui de psychomotricien est particulier. Rencontre avec Céline Marque, psychomotricienne dans un Itep à Toulouse.


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Psychomotricienne au sein de l'institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (Itep) "Château Sage" à Toulouse (Haute-Garonne), Céline Marque a décroché son diplôme d'État à Bordeaux en 2007.

 

À l'époque, il fallait passer par la première année commune aux études de santé (Paces) pour pouvoir présenter le concours d'entrée à la formation de psychomotricien. Aujourd'hui, ce cursus qui dure trois ans est accessible directement après le baccalauréat, sur dossier, via Parcoursup.

 

Un accompagnement personnalisé

 

Après plusieurs CDD en maison d’accueil spécialisée (MAS), en établissement d’aide par le travail (Esat), en centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) ou en maison de retraite, Céline Marque a travaillé en pédopsychiatrie de 2010 à 2014, avant d'intégrer l'Itep "Château Sage".

 

L'établissement accueille des enfants et des adolescents présentant des difficultés psychologiques, notamment des troubles du comportement, qui nuisent à leur sociabilisation et à leurs apprentissages. Ils y bénéficient d'un accompagnement personnalisé qui nécessite d'adapter sa pratique.

 

Une pratique adaptée

 

"Au fil des années à l'Itep, j'ai fait évoluer mon action. Je ne pratique pas la psychomotricité comme on me l'a enseigné à l'école", confirme Céline Marque.

 

"En général, lorsque l'on intervient auprès d'enfants ou de jeunes, c'est parce qu'ils ne sont pas encore capables de passer par la parole. Ils communiquent par les actes. A l'Itep, c'est encore plus compliqué parce que certains adolescents sont dans le refus du soin. Ils ne sont pas en demande d'aide. D'ailleurs, certains ne viennent pas me voir."

 

Retrouver l'apaisement

 

Les jeunes accueillis sont sujets à beaucoup d'agitation, à de l'agressivité et parfois à de la violence. "Ils sont très insécurisés chez eux. L'investissement du lien n'est pas suffisamment porteur pour qu'ils puissent se construire psychiquement, narcissiquement, de façon solide, sécurisée, apaisée. Le trouble du lien et de l'attachement est vraiment prégnant et il fait obstacle à tout le reste", analyse Céline Marque.

 

"L'objectif est qu'ils retrouvent un apaisement intérieur pour revenir en milieu ordinaire, accéder à l'inclusion scolaire et être sécure avec les autres."

 

Une activité refuge

 

Pour y parvenir, la professionnelle s'appuie sur du matériel tel que de la pâte à modeler, des plumes, des pots contenant des lentilles, mais aussi des ballons, un panneau de basket, un trampoline, des échasses, un tapis ou encore un hamac qui remplit un rôle précis. 

 

"Ces jeunes recherchent le maternage", explique la jeune femme. "Ces grands loubards d'1,80 m, de 13 à 20 ans, qui cassent des pares-brises ou balancent des cailloux viennent se faire bercer dans le hamac."

 

Un rôle qu'elle ne s'attendait pas forcément à tenir : "Le portage, essentiel à la construction identitaire de l'enfant, fait partie de mon métier", précise-t-elle. Mais, "en venant à l'Itep, avec ces ados ou grands ados, je ne m'attendais pas à devoir remplir cette fonction-là de portage, dont le maternage est une composante. Mais je me suis rendu compte que c'est ce qu'ils venaient chercher dans la salle de psychomotricité : ici, il n'y a pas d'enjeux scolaires ou éducatifs. Cette salle est devenue leur refuge."

 


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