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Les CPIP travaillent, dans un cadre pluridisciplinaire, à la réinsertion des détenus (image d'illustration). © Adobe Stock

Entre social et justice, comment travaille un CPIP en prison ?

A la frontière entre social et justice, le conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) accompagne les détenus dans leur réinsertion. Témoignage.

 

Un accompagnement humain

 

Après avoir exercé en milieu ouvert et en centre de détention, Cédric Valot est conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (CPIP) en maison d'arrêt, à Beauvais (Oise). "C'est le volet accompagnement humain qui m'a fait choisir ce métier", rapporte ce juriste de formation.

 

Intégré au service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), ce professionnel a une mission de prévention de la récidive, de maintien des liens familiaux et d'aide à la décision judiciaire.

 

Rencontrer les détenus

 

Il a vocation à rencontrer tous les détenus, au moins une fois à leur arrivée. "On fait un point sur leur situation, leurs besoins immédiats – récupérer des vêtements, de l'argent, prendre contact avec leur famille –, et on s'assure qu'ils savent pourquoi ils sont là", détaille-t-il.

 

Chaque CPIP suit entre 80 et 100 détenus. Les "courte peine" ne sont vus qu'une fois. Pour les autres, cela dépend des besoins et surtout des sollicitations.

 

Une réelle dimension sociale

 

"En maison d'arrêt, le temps joue contre nous", raconte Cédric Valot. "On a trois ou quatre mois pour engager des démarches : refaire des papiers d'identité, suspendre les prestations sociales pour éviter les indus, prendre un rendez-vous avec Pôle emploi ou avec le SIAO [service intégré de l'accueil et de l'orientation] pour une demande d'hébergement".

 

Selon lui, la dimension sociale du métier est bien réelle : "On est le seul lien des détenus avec l'extérieur, des mères nous appellent tous les jours, il faut être dans l'empathie, avoir le sens de l'écoute, du non-jugement, sans perdre de vue les attentes du magistrat".

 

Un travail pluridisciplinaire

 

Le conseiller est en contact avec les surveillants, le psychologue, le service de soins, il participe à l'organisation d'activités culturelles, et donne son avis sur le placement au travail ou en formation.

 

"A la commission pluridisciplinaire, on échange sur certaines situations : risque suicidaire, nouveaux arrivants, placement au travail, personnes radicalisées…"

 

Se mettre à disposition

 

Comme en travail social, patience et humilité sont indispensables. "Il faut se mettre à la disposition des détenus, les informer et attendre qu'ils soient en demande de changer, ce qui peut nécessiter plusieurs incarcérations".

 

S'il a le temps, le CPIP peut s'appuyer sur "l'entretien motivationnel" pour favoriser le changement ou sur le "génogramme" pour relier des événements entre eux.

 

Aménagements de peine

 

Mais en maison d'arrêt, l'intervention du CPIP est surtout rythmée par les demandes d'aménagements de peine, sur lesquelles il doit rendre un avis. D'ailleurs, "c'est frustrant quand les détenus ne nous sollicitent que pour ça".

 

Dans son rapport au juge d'application des peines, il doit alors retracer le parcours du détenu, son comportement, ce qui a marché ou pas et ce qui l'attend dehors. Il peut appuyer la demande ou estimer au contraire que la personne n'est pas prête.

 

Des recrutements prévus

 

"L'autre frustration, c'est le manque de relais à la sortie : on laisse des gens sortir sans hébergement, c'est un gros problème".

 

Dernier point noir, enfin, de ce métier : la charge de travail importante, que la loi de programmation et de réforme pour la justice prévoit cependant de contribuer à alléger avec 1 500 recrutements d'ici à 2022, pour un effectif actuel de 5 000 agents.

 

 

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