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David Jezequel, MJPM pour allier droit et accompagnement social

Exercer comme mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) requiert capacité d'adaptation et sens de l'éthique, témoigne David Jezequel.

 

Juriste de formation

 

"Je voulais allier l’accompagnement social et le droit". David Jezequel, 34 ans, travaille au sein du service mandataire judiciaire à la protection des majeurs de l’Œuvre Falret, une association qui accompagne des personnes souffrant de troubles psychiques ou en difficulté psychosociale.

 

Juriste de formation, titulaire d’un master 2 en droit des personnes vulnérables, il a obtenu son certificat national de compétences – nécessaire pour être MJPM – en 2010.

 

Une grande polyvalence

 

Un choix qu’il ne regrette pas tant le métier est, selon lui, "d’une grande richesse". Le mandataire accompagne les publics placés par le juge des tutelles sous protection – plus ou moins lourde : sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle – du fait d’une altération de leurs facultés mentales ou corporelles.

 

Ses missions sont très diverses : gérer la situation administrative de la personne, l’assister ou la représenter pour des actes telles que la vente d’un bien ou le règlement d’une succession, répondre aux demandes des organismes la concernant... Il veille aussi à sa couverture maladie, il peut être amené à constituer un dossier de retraite ou de demande d’allocation, et il l'assiste en cas de procédure judiciaire.

 

Cette grande polyvalence l’amène à travailler avec des professionnels de tous horizons.

 

Des questions éthiques

 

Le rôle du mandataire est en outre délicat en raison de la spécificité du régime de protection, qui soulève des questions éthiques.

 

Premier paradoxe : "il faut accompagner au mieux les publics alors même qu’ils n’ont pas nécessairement choisi d’être protégés", explique David Jezequel. "Il faut donc se faire accepter et réussir à construire une relation de confiance, ce qui peut être un travail de longue haleine"

 

Deuxième paradoxe : le mandataire doit protéger la personne et ses biens tout en recueillant au maximum son consentement et en respectant ses choix, qui peuvent parfois être contraires à ses intérêts. D’où la nécessité, dans certaines situations complexes, d’arbitrer entre la liberté de choix de la personne et sa protection.

 

Des situations complexes

 

Le mandataire évoque ainsi le cas d’une personne en rupture de soins qui ne payait plus son loyer et refusait de le rencontrer. "Il a fallu demander l’autorisation du juge pour que je puisse signer à sa place sa demande de mutation dans un logement social. Elle risquait en effet l’expulsion et se mettait en danger". Une autre personne, qui ne prenait plus son traitement et devait être hospitalisée, refusait d’ouvrir la porte de son appartement. Il a fallu, là aussi, solliciter le juge…

 

"Il faut donc savoir s’adapter à chaque situation tout en établissant des priorités car nous sommes très sollicités", souligne David Jezequel, qui suit une soixantaine de personnes. Néanmoins, le fait d’exercer au sein d’un service présente l’avantage, selon lui, de "ne pas être seul face à une situation et de pouvoir être soutenu par l’équipe en cas de difficultés". Par ailleurs, "on n’intervient pas en notre nom mais au nom du service, ce qui aide à trouver la juste distance pour intervenir".

 

 

Voir les offres d'emploi Mandataire judiciaire.

 

Voir aussi

La fiche métier Mandataire judiciaire à la protection des majeurs.

Les articles :

 

En savoir plus

"Ethique du mandataire judiciaire à la protection des majeurs. De la théorie à la pratique", Fnat, ESF Editeur, sept. 2017.

 

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Journaliste spécialisée