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Alice Casagrande © DR

Alice Casagrande : experte de la qualité de vie au travail

Interview d'Alice Casagrande (Fehap) sur les enjeux de l'Observatoire de la qualité de vie au travail pour les personnels de santé et médico-sociaux où elle siège.

 

L’Observatoire de la qualité de vie au travail pour les personnels de santé et médico-sociaux, qu’ils exercent en établissement, en ambulatoire ou au domicile, a été installé en juillet 2018 par le gouvernement. Alice Casagrande, directrice de la formation, de l’innovation et de la vie associative à la Fehap (fédération d’établissements du champ associatif), y siège en tant qu’experte pour le médico-social. Elle nous explique ses priorités pour ce secteur.

 

Quel est l’intérêt de cet observatoire ?

La mise en place de cette instance est un signal attestant que la qualité de vie au travail est une priorité de politique publique – et non un sujet anecdotique – et que le gouvernement a entendu un certain nombre d’alarmes. 

 

C’est aussi l’assurance que la qualité de vie au travail, dont la particularité pour le secteur médico-social est de mettre en jeu deux vulnérabilités – celle des publics et celle des professionnels –, va être traitée avec rigueur et méthode. 

 

L’observatoire, qui réunit des universitaires et des praticiens, va s’attacher à faire progresser la connaissance scientifique sur la qualité de vie au travail mais aussi, en s’appuyant sur les enseignements de ce qui s’expérimente déjà sur le terrain, à mettre à la disposition des professionnels des outils et des recommandations. Un premier colloque devrait être organisé fin 2019.

 

Quelles sont vos priorités ?

Certaines activités sont particulièrement sensibles, notamment celles où les personnels sont confrontés à la dépendance somatique et psychique sévère comme dans les établissements accueillant des personnes polyhandicapées ou des personnes âgées dépendantes. Si ce n’est pas la grande dépendance qui dégrade la qualité de vie au travail, elle pose des défis sérieux à l’organisation.

 

Il y a des enjeux de solidité managériale sachant que sous un certain un seuil d’effectifs, les directions ne peuvent guère être créatives ! Mais notre rôle n’est pas d’arbitrer les questions de moyens et nous nous concentrerons sur les sujets du management et des modalités de coopération entre les professionnels.

 

Que voulez-vous dire ?

Le médico-social est encore parfois imprégné de management pyramidal ou souffre d’une séparation étanche des missions des différents professionnels. C’est ce qui explique qu’une aide-soignante et une infirmière ne se parlent pas assez en maison de retraite ou qu’un enseignant et un éducateur interviennent avec chacun sa logique et n’articulent pas suffisamment leurs missions.

 

Les raideurs hiérarchiques et les cloisonnements des métiers nuisent à la transmission des informations et à la créativité collective. La qualité au travail ne peut exister que dans des collectifs vivants où les personnels peuvent expérimenter ensemble et par là progresser dans leur manière de faire.

 

 

Cet entretien vous a plu ? Partagez-le avec vos collègues de travail !
 

Journaliste spécialisée

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