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Directeur d'Esat

Le directeur d’établissement et service d’aide par le travail (Esat) pilote une structure qui offre à des adultes handicapés à la fois un soutien médico-social et une activité professionnelle.

 

Qu'est-ce qu'un Esat ?

 

Les établissements et services d'aide par le travail (Esat) sont les anciens centres d'aide par le travail (CAT). Ils accueillent des personnes handicapées de plus de 20 ans (16 ans sur dérogation) qui ne sont pas assez autonomes, momentanément ou durablement, pour travailler dans une entreprise ordinaire ou dans une entreprise adaptée ou pour le compte d'un centre de distribution de travail à domicile (CDTD). Le handicap peut être de toute nature.

 

Ces structures proposent à la fois un soutien médico-social et éducatif et une activité professionnelle, adaptée au handicap des personnes accueillies, sous forme de prestations de service, de sous-traitance ou de production : entretien d'espaces verts, routage, conditionnement, blanchisserie, restauration, etc. La personne accueillie n'a pas pour autant le statut de salarié soumis au code du travail. En revanche, elle signe avec l'Esat un contrat de soutien et d'aide par le travail, qui définit notamment les droits et obligations réciproques, et bénéficie d'une rémunération garantie.

 

Le personnel éducatif, pédagogique et social représente en moyenne 66 % des effectifs des Esat qui emploient aussi du personnel médical, paramédical et psychologique.

 

Missions d’un directeur d’Esat

 

Compte tenu de la vocation particulière des Esat, le directeur est à la fois chef d’entreprise et directeur d’une structure médico-sociale. Ses missions sont donc multiples et au carrefour de plusieurs compétences :

  • définir et mettre en oeuvre le projet d'établissement ;
  • garantir l'activité productive de l'Esat ;
  • assurer l'accompagnement socio-éducatif des personnes handicapées ;
  • manager le personnel ;
  • développer l'activité commerciale ;
  • gérer les aspects administratifs et budgétaires ;
  • développer les partenariats ;
  • etc.

 

Ces activités et l'autonomie sont évidemment susceptibles de varier selon la taille de l'Esat et de la délégation de pouvoir accordée le cas échéant par le gestionnaire de l'établissement. 

 

Où travaillent les directeurs d’Esat ?

 

Le fichier national des établissements sanitaires et sociaux recense près de 1 500 ESAT, gérès, dans leur grande majorité (94 %), par des associations privées.  Les autres appartiennent à des structures publiques.

 

Ils sont de tailles très variables. Certains proposent moins de 26 places, d’autres, plus de 150, même si la majorité d’entre eux compte entre 50 et 70 travailleurs handicapés.

 

Salaire d’un directeur d’Esat

 

Le salaire de ce cadre varie bien sûr en fonction de son profil, de son expérience et de la taille et du statut de l'Esat. Par exemple, dans le secteur associatif, la convention collective de 1966 prévoit un salaire mensuel allant d'environ 3 280 euros en début de carrière à 4 200 euros après 28 ans d'ancienneté. Ces salaires sont légèrement inférieurs lorsque le directeur possède un diplôme de niveau II et non I (voir ci-dessous).  

 

Comment devenir directeur d'Esat ?

 

Pour diriger un Esat d'une certaine taille, il faut être impérativement titulaire d’un diplôme de niveau I (Bac+5 et plus) enregistré au répertoire national des certifications professionnelles. La réglementation ne précise pas la nature du diplôme mais le certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale (Cafdes) ainsi que les masters de type  "Management des établissements sanitaires et sociaux" sont un précieux sésame. Au-delà du diplôme, une expérience significative, complémentaire au diplôme, acquise soit dans le secteur d’activité de l’Esat si le diplôme est médico-social, soit dans le médico-social si le diplôme est technique, industriel ou commercial, est le plus souvent nécessaire. 

 

Pour les Esat plus petits, le diplôme de cadre de santé ou un diplôme sanitaire ou social de niveau III peut suffire. Mais le candidat doit alors avoir travaillé trois ans dans le secteur sanitaire, social ou médico-social, et avoir suivi - ou s'engager à suivre et à achever dans un délai de cinq ans - une formation à l’encadrement. Le certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale (Caferuis) ou le diplôme d'État en ingénierie sociale (DEIS) sont particulièrement appréciés.

 

En savoir plus

 

Le référentiel métiers du sanitaire, du social et du médico-social de l’Apec en partenariat avec Unifaf et son Observatoire.
"Les établissements et services pour adultes handicapés", Résultat de l’enquête 2010 Drees, mai 2013. 
Fiches diplômes Cafdes, Caferuis et DEIS de l’Unaforis.

 

Journaliste spécialisée