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Régis Nowak, éducateur spécialisé en protection de l'enfance et formateur en travail social. © DR

Formations sociales : "C'est essentiel de partager son expérience"

Educateur spécialisé dans une association en protection de l'enfance, Régis Nowak poursuit en parallèle une carrière de formateur en travail social. Témoignage.

 

Travailleur social depuis 1996, d'abord aide médico-psychologique (AMP) puis éducateur spécialisé, Régis Nowak a rejoint la protection de l'enfance il y a neuf ans, dans un service d'action éducative en milieu ouvert (AEMO).

 

Salarié d'une association girondine, l'Oreag, qui gère plus d'un millier de mesures par an, il poursuit en parallèle une carrière de formateur en travail social. Témoignage.

 

 

En quoi consiste mon travail

L'AEMO est une mesure judiciaire d'assistance éducative, ordonnée par un juge des enfants au titre de l'article 375 du code civil, auprès de mineurs en danger.

 

En moyenne, chaque travailleur social est chargé de 28 dossiers, c'est-à-dire 28 enfants dont certains peuvent être de la même famille. La plupart du temps, ce sont des ados.

 

Mon travail est surtout rythmé par les rendez-vous avec les parents et/ou les enfants, soit au service, soit à leur domicile, et avec nos partenaires : Education nationale, conseil départemental, secteur psychiatrique, établissements et services du secteur médico-social (IME, Itep, Mecs…).

 

Au rythme des échanges

Il est aussi rythmé par les écrits, qui sont très nombreux – rapports au juge des enfants, par exemple –, par les audiences au tribunal et par de nombreux échanges formels et informels avec les collègues – dans mon équipe, nous sommes cinq éducateurs, un psychologue et un chef de service.

 

Le travail informel est essentiel pour mettre à distance une situation, pour éviter de se laisser embarquer. Il s'ajoute aux réunions hebdomadaires de prise de décision : est-ce qu'on renouvelle une mesure ? Pourquoi ? Est-ce qu'on part sur un placement ou pas ? Où ? En famille d'accueil, en Mecs ?...

 

Un planning évolutif

Je travaille 35 heures par semaine, selon un planning établi à l'avance. Sauf qu'il est plus ou moins fictif en fonction, par exemple, d'audiences tôt le matin ou de rendez-vous le soir avec des parents qui travaillent. On s'adapte.

 

Je suis couvert par la CC 66, qui prévoit des congés trimestriels indispensables au regard de la charge de travail et des responsabilités liées à notre mission de protection de l'enfance. C'est le seul avantage de notre profession. Les métiers du social sont valorisants au niveau personnel mais ils souffrent d'un manque cruel de reconnaissance, comme en témoignent les faibles rémunérations.

 

Pourquoi je fais de la formation

Depuis une dizaine d'années, je suis très investi dans la formation, en formation initiale comme en VAE [validation des acquis de l'expérience] : je fais des suivis de mémoire, j'anime des ateliers mémoires, des projets d'animation, un groupe d'analyse de la pratique, etc.

 

Je trouve que c'est essentiel de faire partager son expérience, d'apporter une vision plus "réaliste" du travail social. Alors que les politiques sociales bouleversent les pratiques professionnelles, il est important d'apporter aux jeunes professionnels des repères centrés sur l'acte éducatif.

 

Souvent, ils nous disent : "On n'a pas suffisamment de théorie". Mais la théorie ne fait pas tout. Elle est nécessaire pour comprendre ce qui se passe dans une relation éducative ou familiale mais le travail social n'est pas une science exacte. On devient éducateur sur le terrain, pas dans les livres.

 

 

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