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Comment prévenir les risques liés au travail de nuit ?

Certaines pratiques sont initiées dans les établissements sociaux et médico-sociaux pour prévenir les effets négatifs du travail de nuit sur la santé des salariés.

 

Limiter le travail de nuit

 

Troubles du sommeil et de la concentration, risque accru d’accident vasculaire cérébral ou de cancer, accidents du travail plus nombreux…. Les risques du travail de nuit pour la santé sont bien connus. La première mesure de prévention est bien sûr de limiter le travail de nuit, qui devrait rester exceptionnel.

 

"Quand il est indispensable, il devrait faire l’objet d’une réflexion en amont sur l’organisation du travail, les plannings, les horaires, le sens de rotation des postes, avec en parallèle une évaluation des risques professionnels", souligne le docteur Marie-Anne Gautier, médecin du travail et expert médical à l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).

 

"Les salariés devraient être associés à ces échanges. En effet, la bonne acceptation de ce type d’horaires constitue un facteur clé pour leur tolérance et pourrait limiter les effets négatifs du travail de nuit".

 

Privilégier le volontariat

 

Les postes de nuit devraient être attribués en priorité au personnel volontaire. "Certaines personnes ne tolèrent pas le travail de nuit, d’autres, celles qui ont un biorythme du soir, c’est-à-dire qui s’endorment naturellement plus tard, le supportent beaucoup mieux", précise le docteur Michèle Weber, médecin du travail.

 

Autre conseil : il est préférable de planifier en début de nuit les tâches nécessitant une forte attention.

 

Les bénéfices de la micro-sieste

 

La micro-sieste est aussi recommandée. Elle permet d’améliorer la vigilance et contribue à faire baisser la dette de sommeil.

 

L’association Abrapa, dans le Bas-Rhin, a sauté le pas en novembre 2016 : le personnel de nuit intervenant au sein de ses 13 Ehpad a la possibilité d’effectuer une micro-sieste de 20 minutes, en plus des 20 minutes de pause. Les établissements n’ayant pas toujours de pièce dédiée, elle se pratique le plus souvent sur un fauteuil relax. "Nous savions que certains salariés faisaient déjà cette micro-sieste mais de façon informelle, avec l’accord plus ou moins tacite de leur directeur, parfois sur un coin de table, et certains se sentaient un peu coupables", explique la directrice des ressources humaines, Christine Raouel.

 

Après un travail de sensibilisation mené en lien avec la médecine du travail auprès du CHSCT, des directeurs d’établissement et des 70 salariés de nuit, l’association a écrit une charte permettant de formaliser et de sécuriser cette pratique : limitation à 20 minutes, obligation de ne pas faire la sieste tous en même temps et sur certains créneaux pour ne pas perturber l’organisation des tournées, priorité à l’urgence…

 

Un facteur de mieux-être

 

"Il a fallu aussi convaincre certains directeurs qui étaient réticents à l’égard de ces micro-siestes", confie Michèle Weber. "La charge de travail en Ehpad est importante mais nous avons pu montrer que la micro-sieste était malgré tout faisable". Y a-t-il eu un impact sur le nombre d’arrêts ou d’accidents du travail ? "Il y a un trop faible effectif pour que l’on puisse mesurer des effets significatifs", estime  Michèle Weber. 

 

La DRH considère quant à elle que "les micro-siestes contribuent au mieux-être du personnel" et réfléchit aujourd’hui à la transposer aux équipes de jour.

 

 

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