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Elise Tocut © DR

Assistante sociale en protection de l'enfance : "Il faut mettre en confiance"

Assistante sociale en protection de l'enfance dans les Ardennes, Elise Tocut raconte son métier avec passion mais sans cacher les difficultés rencontrées.

 

Assistante de service social dans une association de protection de l'enfance des Ardennes, Elise Tocut parle de son métier avec passion. Mais sans cacher les situations difficiles auxquelles elle est confrontée.

 

Mon environnement de travail

Je travaille comme assistante de service social dans une association de protection de l'enfance, à laquelle le conseil départemental fait appel. J'accompagne des mineurs, ainsi que leurs parents, dans le cadre de mesures psycho-éducatives pour les aider à surmonter des difficultés éducatives et relationnelles.

 

Ce sont des jeunes en mal-être, avec souvent des problèmes de comportement à la maison ou à l'école. Le suivi peut être judiciaire, lorsqu'il est ordonné par le juge des enfants, ou administratif, à la demande des parents qui ne savent plus comment faire face.

 

Mon métier au quotidien

J'ai la charge de 13 mineurs, que je vois une à trois fois par semaine, à domicile, dans nos locaux ou à l'extérieur, dans le cadre de sorties.

 

Mes interventions sont différentes selon l'âge des enfants, la situation de la famille, les difficultés : il peut s'agir de discussions avec le jeune, ses parents ou ses frères et sœurs, dans un cadre collectif ou séparé, pour faire circuler la parole, fixer des règles éducatives... 

 

Ce sont aussi des activités : emmener un enfant et ses parents à la médiathèque, participer à une conférence sur le sommeil ou la parentalité, faire des jeux éducatifs.

 

Un travail interdisciplinaire

Voilà sept ans que j'exerce et j'ai encore l'impression d'avoir tout à apprendre. J'apprécie la diversité des missions, la richesse des rencontres, le sentiment d'utilité que ce métier procure. Je suis à la fois dans le concret – on voit des gens, on les écoute, on les observe – et dans la théorie – il faut avoir de solides connaissances juridiques, sociologiques, psychologiques…

 

C'est aussi un vrai travail d'équipe. Dans ma structure, il y a – en plus du chef de service et de la secrétaire – des ASS, des éducateurs, une psychologue, une conseillère en économie sociale familiale, une technicienne de l'intervention sociale et familiale. Mais aussi une thérapeute qui, une fois par mois, nous aide à prendre du recul, à réfléchir à ce que les situations qu'on rencontre génèrent en nous.

 

Des conditions difficiles

Quand on arrive dans une famille, au début, on est rarement les bienvenus : on remet en cause le rôle des parents. Pour nouer la relation, il faut mettre en confiance, ne pas juger, poser des mots, être en empathie. Il y a parfois des rapports de force compliqués, ce n'est pas de tout repos.

 

Au regard de l'investissement qu'il demande, ce métier n'est pas considéré à sa juste valeur, il ne fait pas rêver. Une assistante sociale, on lui dit : "Tu as du courage", rarement : "Tu fais un beau métier". Alors que c'est vraiment un beau métier.

 

Beaucoup d'autonomie

Les rémunérations sont très variables. Moi, je gagne 1 700 euros net par mois. Au-delà du salaire, il faut bien regarder les conditions d'exercice. Moi, j'ai pas mal de congés et j'ai surtout beaucoup d'autonomie dans l'organisation de mon travail.

 

Aux jeunes qui sortent de formation, je conseille de bien regarder où ils vont débuter. Et d'éviter de s'engager dans des postes compliqués qui demandent beaucoup d'expérience, comme le suivi de placement des enfants en conseil départemental.

 

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